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Coronavirus: dans les départements et territoires d’outre-mer, le pire semble évité

Écrit par sur 27 avril 2020

L’épidémie de Coronavirus semble être sur sa courbe descendante dans la plupart des pays européens. C’est également le cas en France avec 124 575 cas, dont 1 373 dans l’ensemble des DOM-TOM. Les départements et territoires d’outre-mer ont été relativement épargnés par la vague épidémique avec finalement assez peu de cas.

Ces régions étaient pourtant sous haute surveillance, notamment du fait d’un plus faible équipement en infrastructures médicales qu’en Métropole. Le conseil scientifique avait même rendu un avis sur l’unique question de l’outre-mer et des mesures spécifiques à y appliquer.

Mais la situation est restée sous contrôle, notamment parce qu’on a eu le temps de se préparer. Laurent Filleul est le coordinateur de la stratégie outre-mer à Santé publique France. Il explique que « le fait que le départ de ces épidémies ait été plus tardif a permis aux agences régionales de santé, à Santé publique France et à l’ensemble des acteurs de la lutte contre cette épidémie de mieux se préparer »,dit-il. Puis il détaille : « Les systèmes de surveillance ont été mis rapidement en place, le contact tracing a été mis en place et se poursuit de manière très active. Il y a aussi eu des mesures spécifiques  : la quarantaine ou la quatorzaine pour les nouveaux arrivants sur ces territoires qui ont permis de les protéger. Le fait qu’il y ait ce contexte insulaire a permis de mettre en place des mesures qui n’ont pas forcément pu être mises en place en métropole et cela a permis de protéger ces territoires. »

Du coup, comme la Métropole, l’outre-mer va dans son ensemble être concerné par la date du 11 mai – la levée du confinement -, avec les mêmes règles.

• Mais si on a constaté un décalage de quelques jours, quelques semaines entre la situation de l’outre-mer et celle de la Métropole, est-ce que mécaniquement cette date du 11 mai ne risque pas d’arriver trop tôt ?

Il y a déjà des territoires qui ont débuté ce déconfinement. C’est le cas en Nouvelle-Calédonie depuis une semaine par exemple. Plus besoin d’attestation pour sortir, les plages sont de nouveau ouvertes. Mais les rassemblements de plus de 50 personnes restent interdits et les bars et restaurants sont toujours fermés. Pour les autres territoires, puisque le confinement y a été appliqué de la même façon qu’en Métropole, il a également eu les mêmes effets.

« À la vue des résultats que l’on a, c’est-à-dire du faible nombre de cas, laisser les gens confinés n’aurait pas forcément un intérêt », suggère Laurent Filleul. « On va dire que l’impact du confinement est déjà observé dans l’outre-mer comme en métropole. Donc, il n’y a pas de raison d’avoir un déconfinement spécifique pour l’outre-mer. Aujourd’hui, on a une situation qui est comparable en termes de circulation virale, voire meilleur dans l’outre-mer. Donc, il n’est pas nécessaire de poursuivre le confinement dans ces territoires », analyse-t-il.

• Cette situation est-elle la même dans tous les départements et territoires d’outre-mer ?

On y constate une grande homogénéité. La situation est maîtrisée dans chacun d’entre eux. Il y a tout de même des particularités. La Réunion et Mayotte par exemple font également face à une épidémie de dengue en ce moment. La dengue partage des symptômes avec le Covid-19. Le message est donc toujours le même : en cas de doute, n’hésitez pas à consulter à un médecin.

« Ce qu’il ne faut pas oublier, et ça d’une manière générale, c’est que l’accès aux soins ne doit pas être limité au Covid-19 », rappelle Laurent Filleul. « Les pathologies chroniques doivent continuer d’être soignées, les signes cliniques doivent faire l’objet d’une consultation médicale. Alors si on est confiné, il suffit d’appeler les professionnels de santé, mais il ne faut pas retarder une consultation médicale par peur du Covid-19 ou en pensant que le Covid-19 est prioritaire. Il y a d’autres pathologies qui sont toujours présentes, il ne faut pas oublier cette prise en charge et de consulter son médecin si nécessaire ».


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